vendredi 29 janvier 2016

Looking for Rowley's poetry


In April 1770, Chatterton left for London, determined to make it on his own merits as a writer. But four months later, on August 24, 1770, unable to find any work, without money, and near starvation, he penned a farewell poem: "Have mercy, Heaven! when here I cease to live / And this last act of wretchedness forgive." He then poisoned himself with arsenic. He was only seventeen years old.
On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans...
 
Henry Wallis, La Mort de Chatterton, 1856

dimanche 24 janvier 2016

Lost in Motion

Guillaume Côté, pas tout à fait perdu...

L'Italie de Louis-François Cassas




Voyages en Italie de Louis-François Cassas
Louis-François Cassas (1756-1827)

Personnages sous une treille dans un paysage de Rome (s.d.)

L'exposition se poursuit jusqu'au 22 février 2016 au Musée des Beaux-arts de Tours.

samedi 23 janvier 2016

Jeff Koons à Florence

Jeff Koons, Pluton et Proserpine, 2010-1013 [Oceana Bal Harbour, Bal Harbour, Floride]  (édition 1/3, acier inoxydable au poli miroir, vernis transparent, plantes vivantes en fleur

Jeff Koons ne laisse jamais indifférent : ici à Florence, Pluton et Proserpine, à côté des œuvres de Donatello et de Michel-Ange. Après Versailles et de nombreux autres lieux où l'art contemporain est présenté comme en contrepoint de l'art classique, voire académique, tout se passe comme si les lieux de culture historiques se devaient d'admettre une incursion dans une forme d'art d'une appréhension plus difficile : on juge non seulement la technique, devenue avec la technologie moderne, plus facile, mais aussi l'intention, souvent complexe. La matière interpelle autant que la forme, autant que les modèles classiques auxquels se réfère l'artiste. Les effets visuels recherchés sont un contraste, une manière de détonner, de se jouer de la lumière plus férocement que les copies des grands artistes de la fin du Moyen-âge et de la Renaissance. 
Pour quels effets ? Un pied de nez, une manière de se hisser à la hauteur de leurs talents ? Difficile de le dire. Mais en même temps, la confrontation induit l'interrogation. A ce titre, et peut-être à ce titre seul, n'est-elle pas tout à fait inutile.

Le Pirée chinois

La braderie grecque continue : le port du Pirée a été passé sous concession chinoise dernièrement : 67 % de la société qui gère le port sont maintenant sous le contrôle de la société chinoise COSCO. L'Etat grec ne conserve que 7 % de l'OLP, société de gestion du port. La contrepartie de cette privatisation est un prêt au gouvernement grec de 86 milliards d'euros sur trois ans.
Fatalité tsiprasienne ?

Le Pirée - Ο Πειραιάς - 2010

jeudi 21 janvier 2016

Calle seca

Via le site de Libération
 
A Algerciras, en Espagne. Cette photo de Carlos Spottorno est tirée d’une série consacrée aux «Pigs», l’acronyme désignant les pays d’Europe (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne) les plus brutalement frappés par la crise financière  de 2008.
A Algerciras, en Espagne. Cette photo de Carlos Spottorno est tirée d’une série consacrée aux «Pigs», l’acronyme désignant les pays d’Europe (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne) les plus brutalement frappés par la crise financière de 2008. Photo Carlos spotorno. Panos. REA

Peter Greenaway - The pillow book

Le livre de l'oreiller - 1996

Ettore Scola - Le Bal


mardi 19 janvier 2016

Le regard de la nuit

Il est des disparitions que je regrette davantage que d'autres : qu'un vieillard écrivain, qui n'avait jamais rompu avec un catholicisme attardé au point d'en brandir les pires âneries, ni résolu les problèmes de son narcissisme sublimé, disparaisse, me laisse assez froid.
Leila Alaoui, photographe de grand talent promise à une belle carrière a été dégommée par des abrutis à Ouagadougou vendredi dernier. Elle y était venue à la demande d'Amnistie Internationale pour y travailler sur un projet de documentaire concernant les violences faites aux femmes. Elle ne fera pas ce documentaire puisque les Moires en ont décidé autrement. Il nous restera son beau visage et son magnifique travail de portraits de Marocains. Je te salue, Leila, au beau nom de nuit, qui rejoins le firmament des belles âmes.

La photographe Leila Alaoui en 2011.


© Leila Alaoui

lundi 18 janvier 2016

Museo del Cinema

J'avais ramené de Torino ces images insatisfaisantes, comme des espèces de tromperies sur la marchandise. L'exposition consacrée au néoréalisme m'a paru bien pauvre, malgré quelques très belles images saisies çà ou là, quelques objets fétichisant des metteurs en scènes (ah ! le chapeau de Fellini, le manuscrit de ... de quoi au fait ? J'ai déjà oublié ce que j'ai consommé !)


 
Le regard de Franco Interlenghi enfant. En sommes-nous sortis ?


Sortant de ce méchant musée, je longe les rues et les jardins de Torino. Plus tard, là, dans ces fourrés abrités de la lumière, où il fait encore très chaud, des garçons vont se rencontrer. Il sera bien tard. Je serai sur la route, essayant d'échapper aux rues déglinguées de cette ville, dont pourtant j'apprécie encore les charmes. C'est l'after qui donne toute la mesure des excès du monde urbain. Il paraît qu'ailleurs on crève la dalle. Ici, il faut échapper aux poubelles qui sont nos repères les plus sûrs. Diogène de Sinope n'aurait jamais espéré mieux.



Continuité dans la rupture

Eh bien voilà : je reprends dans ce nouveau blog, sans trop savoir où il me conduit, quelques thèmes que j'ai suivis dans Véhèmes. J'ignore encore comment je les mènerai, mais je conforte ici mes choix politiques, culturels, sans doute avec moins de précautions que je n'en ai mises dans Véhèmes. Mes lecteurs me suivront ou ne me suivront pas : chacun choisit ses engagements. En ce qui me concerne, l'arrêt de Véhèmes correspond aussi à une lassitude de ces routines qui consistent à publier ce que les lecteurs attendent de moins impliquant, justement, comme si le moment d'arrêt sur un blog consistait à ne rechercher qu'un confort ou un réconfort agréable loin des «horreurs économiques», loin des réalités sanguinolentes auxquelles nous assistons aujourd'hui à notre porte. 
En ce sens, je m'étais abstenu de publier quelques textes polémiques qui détonnaient par rapport à l'ensemble des blogs, blogs que par ailleurs j'appréciais lorsque notre confort consumériste assurait les effets de l'opium détrôné.
 Je n'ai aujourd'hui pas de raison, faisant peau neuve, de m'en abstenir. Il ne s'agit plus d'avoir des mouvements d'humeur, mais de se défendre contre l'avilissement progressif qui entoure notre société, des petites phrases aux idées de plus en plus crispées que l'on ne s'étonnerait pas de voir dans la bouche de leaders populistes, mais que la longue histoire du mouvement démocratique ne peut accepter dans la bouche de ceux qui sont censés défendre une éthique de société : la cohésion citoyenne, la justice dans la cité. Ceux-là, par lâcheté peut-être, par goût du pouvoir sûrement, et parce que la tentation de la caricature de l'ordre reste la plus forte, nous rapprochent, je le redis, de ce que les générations antérieures ont connu, peu ou prou dans la plupart des pays d'Europe. 
Oui, je suis sûr qu'il faut s'en défendre, chacun à sa manière. La mienne étant bien pauvre, je reste persuadé que la culture, d'où qu'elle vienne, le goût de la beauté, de la sensibilité à la poésie, à la musique, aux arts en général, restent un moyen d'exprimer ce que l'on souhaite de meilleur pour le monde en refus de toutes les violences, physiques comme symboliques, et d'où qu'elles viennent elles aussi.

Et ce blog commence d'abord à un hommage à Franco Citti, disparu le 14 de ce mois, qui a souvent accompagné mon imaginaire dans les pérégrinations pasoliniennes. Dans la vidéo qui suit, Franco Citti raconte, en italien la manière dont Pier Paolo Pasolini avait imaginé les scènes d'Accatone. Ciao, Franco !





Et pour ne pas rester sur une note trop triste, voici une magnifique prestation d'un groupe de danse arménien : Forceful feelings, «Sentiments vigoureux». De très beaux danseurs, pleins d'énergie. Un seul petit regret : le Carmina burana de Carl Orff, auquel je suis définitivement allergique.

Réchauffez-vous vigoureusement !